Performance et inclusion, l’équation gagnante de Muriel Pénicaud

Performance et inclusion, l'équation gagnante de Muriel Pénicaud
  • Publiée le 14 septembre 2021
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Muriel Pénicaud, ambassadrice, représentante de la France à l’OCDE et ancienne ministre du travail met en avant sa vision dans sa tribune pour Coopér’actions.

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La reprise est là. Mais les économistes annoncent une sortie de crise dite en « K ». C’est-à-dire avec une branche montante connaissant une reprise forte pour les secteurs qui déjà vont bien, tels que l’industrie, le bâtiment, le numérique, avec un accélérateur supplémentaire : l’intelligence artificielle. La transition écologique va, quant à elle, permettre de créer 300 000 emplois. La branche descendante du « K » correspond aux secteurs pour lesquels on ignore le rythme sur lequel ils pourront repartir : l’événementiel, le tourisme, la culture. La reprise ne sera pas non plus homogène au plan des territoires. Il faudra être vigilant pour que le redémarrage n’amplifie pas les disparités régionales. Certains secteurs d’activité vont aussi devoir se transformer.

Muriel Penicaud Caisse d'Epargne

Un sujet me tient à cœur : l’égalité femmes-hommes. En France, nous sommes sur une bonne dynamique. Dix ans après la Loi Copé-Zimmermann, l’objectif est dépassé avec 44 % de femmes dans les instances dirigeantes des sociétés cotées. La Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, que j’ai portée en 2018, apporte la deuxième brique à l’édifice. Les cinq indicateurs annuels de mesure des écarts de rémunération montrent déjà que la machine est lancée.

Je suis confiante pour la suite. Qu’elles soient menées par l’OCDE, la Banque mondiale, le FMI ou l’Insee, toutes les études montrent que l’égalité femmes-hommes, avec davantage de femmes dans les directions, apporte plus de performance. Pourquoi ? Parce que la diversité des expériences, des parcours, des angles de vue produit une meilleure gestion des risques et de l’innovation.

Il faut envoyer un message fort aux jeunes

Je suis convaincue que la performance et l’inclusion vont de pair. Je suis extrêmement préoccupée par la situation des jeunes liée à la crise, particulièrement pour ceux qui ne sont ni dans un emploi ni en formation. Le taux de pauvreté chez les jeunes a doublé. La moitié des SDF ont moins de trente ans. Si nous ne parvenons pas à transmettre aux jeunes, alors nous sommes en train d’échouer sur ce qui constitue un des grands buts collectifs de la vie.

Il y a 1,6 million de jeunes sans emploi et hors formation ; si les 1,3 million d’entreprises françaises prenaient en charge, ne serait-ce qu’un jeune, avec un emploi, une alternance, un stage ou un tutorat via une association, cela changerait tout. Il faut envoyer aux jeunes le message : « vous n’êtes pas une variable d’ajustement, on compte sur vous pour le futur » !

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