On nous a construit sur le fait qu’il y avait probablement une contradiction à être en même temps performant et solidaire. La performance est souvent identifiée comme étant un acte individuel, alors que la performance collective n’est pas perçue. Elle est pourtant valorisée dans le sport par exemple, mais pas dans l’entreprise.
Youssef Achour a rejoint l’univers coopératif en 1999, après plusieurs expériences dans de grandes entreprises et dans l’édition. Ce parcours a été motivé par un désir profond de donner plus de sens à sa carrière à travers l’économie sociale et solidaire (ESS). Lors de l’entretien, le président de la coopérative devenue entreprise à mission en 2023, met en lumière un paradoxe concernant les coopératives. Attrayantes par leur mode de fonctionnement basé sur la participation et la solidarité, elles demeurent pourtant largement méconnues.
Valoriser la performance collective
Youssef Achour dénonce une idée reçue : « On nous a construit sur le fait qu’il y avait probablement une contradiction à être en même temps performant et solidaire. La performance est souvent identifiée comme étant un acte individuel, alors que la performance collective n’est pas perçue. Elle est pourtant valorisée dans le sport par exemple, mais pas dans l’entreprise. »
Alors que le concept de performance est souvent associé à des succès individuels, la coopération mise sur l’efficacité collective, centrée sur le partage du pouvoir et de la richesse. Cet angle d’approche offre une manière différente d’évaluer les contributions de chacun, posant les bases d’un équilibre entre réussite personnelle et bénéfice commun.
Une réponse aux aspirations actuelles
Le modèle des entreprises coopératives se présente comme une réponse efficace aux limites du capitalisme traditionnel. Sa gouvernance démocratique, qui inclut les salariés dans le processus décisionnel, favorise une économie plus juste et un vivre-ensemble apaisé. « Je crois qu’aujourd’hui, cette volonté de collaborer, cette volonté de partager le pouvoir, mais aussi la richesse, est une donnée sur laquelle on ne pourra pas s’exonérer dans l’avenir, nous confie Youssef Achour. Les défis de la société d’aujourd’hui nous amènent progressivement à plus de démocratie d’entreprise, à plus de citoyenneté d’entreprise. En permettant aux employés de participer activement à la vie de l’entreprise, ce modèle propose une alternative à l’exclusion et à la déshumanisation observées dans certains environnements de travail contemporains. »
Dans ce podcast, Youssef Achour évoque aussi le potentiel des jeunes générations qui manifestent un intérêt grandissant pour les valeurs coopératives. Ces jeunes cherchent un sens à leur travail et s’engagent pour des causes sociétales, ouvrant ainsi des perspectives prometteuses pour l’avenir du modèle coopératif et des sociétés à mission.
Etude réalisée par l’institut Bona fidé pour Upcoop, du 2 au 7 octobre 2025, auprès d’un échantillon national représentatif de 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession, région, taille d’agglomération).