FNCE : Comment avez-vous découvert le rôle d’administrateur ?
Pascal Murtin : C’est mon directeur d’agence qui m’a parlé du sociétariat et qui m’a proposé de devenir administrateur. Comme j’ai toujours été client Caisse d’Epargne, j’ai eu envie de m’y investir. J’ai été élu en 2009 et j’ai vu au fil des années monrôle évoluer. Il y a quelques années, il s’agissait surtout d’enregistrer et de valider sur la forme. Aujourd’hui, les processus ont évolué, nous sommes force de proposition, nos conseils d’administration sont animés et très participatifs. Notre voix porte davantage et c’est motivant.
FNCE : Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre la présidence de la commission mécénat ?
Pascal Murtin : J’avais envie d’agir concrètement avec les associations, main dans la main avec les équipes de la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées. Avec les neuf personnes qui composent cette commission mécénat, nous analysons les dossiers,puis nous proposons au directoire un montant de dotation pour celles qui méritent notre soutien. À la suite de la validation, nous remettons officiellement le chèque à l’association dans ses locaux : ce sont très souvent des moments forts et enrichissants. Lors du dernier appel à projets sur la biodiversité, nous avons reçu plus de 100 dossiers, preuve du succès du dispositif. Grâce à mon expérience en management et en coordination de projets chez Airbus, j’ai pu structurer et dynamiser ce travail. Mon objectif est d’être transparent avec mon équipe, d’écouter et de donner des retours constructifs aux associations.
FNCE : Quels moments appréciez-vous le plus dans vos missions ?
Pascal Murtin : Sans hésiter, les remises de chèques sur le terrain. On n’est plus seulement administrateur, on devient un acteur de lien social. Voir la joie des bénévoles, échanger avec eux, c’est une vraie fierté. Surtout en ce moment, où beaucoup d’associations doivent faire plus avec moins de moyens financiers. J’ai aussi la satisfaction d’avoir fédéré les administrateurs autour de la commission : aujourd’hui, plus de 90 % d’entre eux y participent. Cela crée une dynamique collective très positive.
FNCE : Un exemple qui vous a particulièrement marqué ?
Pascal Murtin : Oui, il y a quelques années la rencontre avec la présidente de Reflet 31, une association qui accompagne les personnes vers l’emploi par « la valorisation de l’image de soi ». À la suite de nos échanges, elle a eu envie de s’engager elle-même, et après son départ à la retraite, elle est devenue administratrice, puis membre très impliquée dans notre commission. C’est très enrichissant de voir l’impact direct de mon travail et d’avoir pu intégrer dans notre équipe cette personne riche d’une expérience de terrain.
FNCE : Vous travaillez aussi sur la mesure de l’impact. Pourquoi est-ce important ?
Pascal Murtin : Parce que donner, c’est bien, mais savoir comment est utilisé la subvention et ce que cela change au quotidien de l’association, c’est essentiel. J’ai participé au niveau national au groupe de travail qui a fait évoluer le questionnaire de mesure d’impact adressé aux associations, en y intégrant ou en supprimant certains points, en mettant plus en avant des demandes des associations, comme le mécénat de compétences. C’est un vrai enjeu de responsabilité sociétale pour la Caisse d’Epargne. Quand on soutient plus de 150 associations pour un budget de 700 000 €, on se doit d’en évaluer l’effet concret sur la vie locale, le territoire, la région.
FNCE : Quelles valeurs coopératives portez-vous au quotidien ?
Pascal Murtin : L’ancrage local et le contact humain. Malgré la digitalisation et l’essor des banques en ligne, je constate un réel besoin de proximité. De plus en plus de sociétaires viennent aux assemblées générales, y compris des jeunes. Autre point : certaines associations, qui ne sont pas clientes Caisse d’Epargne, sont souvent surprises de recevoir une aide : c’est une façon forte d’incarner nos valeurs d’ouverture, de solidarité et surtout un soutien concret au tissus local. Cela illustre la force de notre modèle coopératif.
Mesurer l’impact, un engagement collectif
Depuis 2022, les Caisses d’Epargne ont engagé une démarche nationale de mesure d’impact afin d’évaluer l’efficacité de leur mécénat. Chaque année, elles soutiennent des centaines de projets locaux dans les domaines de l’emploi, de la solidarité, de l’éducation, de la santé ou encore de la culture. Pour aller plus loin, un questionnaire harmonisé est désormais adressé aux associations aidées afin de mesurer concrètement les résultats obtenus : nombre de bénéficiaires accompagnés, insertion dans l’emploi, maintien du lien social, protection de l’environnement… Ce travail s’inscrit dans les engagements RSE du Groupe BPCE et dans la volonté de Caisse d’Epargne de conjuguer solidarité et transparence. Il permet de mieux orienter les choix, de valoriser l’action des associations partenaires et de garantir aux sociétaires que leur banque coopérative agit avec un impact réel et mesurable sur les territoires.