Dans un contexte où la France connaît à la fois une pénurie de logements disponibles et une difficulté croissante d’accès à un habitat abordable, le logement est devenu l’une des premières préoccupations des Français. Hausse des loyers et des prix de l’immobilier, tension sur le parc social avec plus de 2,6 millions de demandes en attente, difficulté à se loger près de son emploi ou de ses études, précarité énergétique, vieillissement de la population, adaptation au changement climatique : habiter dignement, durablement et à un coût supportable est aujourd’hui un enjeu économique, social et environnemental central.
Face à ces défis, le Groupe BPCE a fait du logement un axe structurant de sa stratégie. La création en 2025 de la ligne métier « logement & immobilier » marque une étape importante : elle fédère, à l’échelle du groupe, les expertises de financement, de gestion, d’assurance et d’investissement pour répondre de manière globale aux besoins de logement des Français, qu’il s’agisse de logement social, d’accession à la propriété, de rénovation énergétique ou de solutions pour les publics les plus fragiles.
Dans ce cadre, les Caisses d’Epargne, aux côtés d’Habitat en Région, renforcent leur rôle historique dans le financement des territoires : construire de nouveaux logements, rénover massivement le parc existant, adapter les bâtiments aux réalités sociales (jeunesse, vieillissement, précarité) et climatiques (décarbonation, adaptation aux aléas), tout en accompagnant les ménages dans leurs projets d’habitat.
Financer 100 000 logements sociaux supplémentaires et accélérer la transition environnementale
Les enjeux de financement sont au cœur de la nouvelle phase qui s’ouvre pour le logement social. Avec le plan stratégique « Habiter 2030 », Habitat en Région s’est donné pour objectif de développer 100 000 logements supplémentaires d’ici 2030, tout en accélérant la transition environnementale et climatique de son parc.
Jacques Olivier Hurbal, directeur Logement & Immobilier du Groupe BPCE, précise : « Nous sommes dans une situation inédite où se cumulent une crise de l’offre et une crise de la demande. Les coûts de construction ont augmenté, les contraintes réglementaires se renforcent, les taux ont remonté ; et dans le même temps, les besoins de logements sociaux explosent. C’est précisément dans ce contexte que nous avons fait du logement un axe majeur de notre vision 2030. »
Les chiffres récents illustrent l’ampleur de l’effort financier. En 2024, le groupe Habitat en Région a engagé environ 1,2 milliard d’euros d’investissements, dont 820 millions d’euros en construction neuve, permettant de lancer 6 000 logements, contre 3 400 l’année précédente. À ces investissements de production s’ajoutent des besoins considérables de rénovation énergétique, notamment pour répondre aux obligations de la loi Climat et Résilience et à la sortie progressive des logements les plus énergivores.
« Le logement social a besoin de capitaux longs, stables, pour financer à la fois la construction et la rénovation massive de son parc », insiste J. O. Hurbal. « Notre rôle, avec les Caisses d’Epargne, est d’apporter ces financements dans la durée, mais aussi d’organiser les synergies du groupe : crédit, expertise, gestion d’actifs, assurance. C’est tout le sens de la création de la ligne métier “logement & immobilier”. »
Jeunes, ménages modestes, transition verte : un même défi de financement
Interrogé sur les publics et les priorités, Jacques Olivier Hurbal insiste sur le caractère transversal des défis à relever : « Quand on parle financement du logement, on ne peut pas séparer artificiellement les sujets : logement social, logement des jeunes, transition environnementale, tout est lié. Si nous ne finançons pas les trois en même temps, nous creusons les inégalités. »
Pour les jeunes et les ménages modestes, les Caisses d’Epargne ont lancé des solutions de crédit immobilier comme Grandioz et Primoz, qui donnent davantage de capacité d’emprunt en modulant l’effort dans le temps. Ces offres complètent l’action des bailleurs sociaux dans les territoires où la tension sur le parc HLM est la plus forte et où certains ménages peuvent accéder à la propriété avec un soutien adapté. Dans le même esprit, le microcrédit habitat porté par Parcours Confiance et les dispositifs de mécénat orientés vers l’habitat permettent d’accompagner des publics qui restent à la frontière de la solvabilité bancaire.
Sur la transition environnementale, le lien avec le financement est direct. D’un côté, Habitat en Région structure sa stratégie autour de la décarbonation et de l’adaptation climatique du parc social, de l’autre, les Caisses d’Epargne ont lancé un crédit immobilier à impact qui offre une réduction de taux en cas d’amélioration de la performance énergétique du logement dans les trois ans, en s’appuyant sur un écosystème de partenaires comme Cozynergy ou Leroy Merlin.
« La transition énergétique des logements de nos clients, y compris dans le parc social, n’est pas seulement une nécessité environnementale, c’est aussi un enjeu de pouvoir d’achat et de valeur du patrimoine, résume J. O. Hurbal. Chaque euro que nous finançons dans la rénovation, c’est un euro qui évite des charges excessives pour les locataires et qui sécurise le modèle économique des bailleurs. »
À travers Habitat en Région et la ligne métier « logement & immobilier », les Caisses d’Epargne se positionnent ainsi comme un maillon structurant de la chaîne de financement du logement. Les choix d’investissement qu’elles opèrent, sur les jeunes, sur le social, sur la transition écologique, participent directement de la capacité des politiques publiques décidées par le Parlement à se traduire en logements construits, rénovés et adaptés, dans les territoires. Pour reprendre les mots de Jacques Olivier Hurbal, « l’habitat est devenu notre premier domaine d’impact, parce que c’est là que se rejoignent les enjeux de cohésion sociale, de transition énergétique et de vie quotidienne des Français ».