Association L’île de Solidarité : sur le pont nuit… et jour

Solidarité - Caisse d'epargne

Présente auprès des sans-abris depuis dix ans, l’association Lîle de Solidarité a développé son action pour contrer la précarisation née de la crise sanitaire de la Covid-19. Un engagement dans la métropole lilloise soutenu par la Caisse d’Epargne Hauts de France.

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C’était le 6 mars dernier. Active depuis 2011 dans la métropole lilloise auprès des personnes précaires et des sans-abris, l’association L’île de Solidarité ouvrait un accueil de jour. Un projet pensé depuis plusieurs mois qui se concrétisait quelques jours avant la première phase de confinement. Au moment même donc où la précarisation allait croissante, affectant ainsi par exemple des étudiants et où les sans-abris devenaient aussi de plus en plus « visibles » dans la rue.

Ouvert initialement deux jours par semaine puis aujourd’hui du lundi au vendredi, ce lieu d’accueil propose aux « naufragés de la vie », de plus en plus nombreux – près de 3 000 sur la métropole lilloise – des services de base, une collation, une douche. Mais pas seulement. « Notre engagement, résume le fondateur et président de l’association, Benaissa El Hamdani, c’est de les aider à sortir de la rue ». Ici, au 50 boulevard de Strasbourg, les bénévoles, secondés par quatre collaboratrices de l’Institut Régional du Travail Social (IRTS) de Loos, prodiguent des conseils, facilitent les démarches administratives pour leur permettre de retrouver leurs droits et plus encore, de « retrouver une estime de soi ». Un autre service a été mis à leur disposition : Ilevia tient une permanence deux jours par semaine pour présenter les services d’accès libre à son réseau de transports publics dans l’ensemble de l’agglomération.

Don à la Banque alimentaire - Caisse d'Epargne

Désormais lieu d’accueil des personnes en grande précarité, l’association L’île de Solidarité mène une action de longue date sur le terrain. Trois soirs par semaine (lundi, mardi, jeudi), ses bénévoles – 200 à 250 – effectuent des maraudes avec distribution de produits alimentaires, d’articles d’hygiène, de vêtements. Dans la métropole lilloise (Lille, Roubaix, Tourcoing, Armentières…), ce sont 300 à 400 personnes qui, chaque soir, peuvent ainsi être secourues, y compris dans des lieux de vie informels (squats, friches industrielles…). De surcroît, une distribution alimentaire reçoit 200 à 250 personnes chaque dimanche, place François Mitterrand, à proximité de la gare ferroviaire de Lille. « Les maraudes créent des liens entre les sans-abris et les bénévoles , explique Benaissa El Hamdani, le lieu fixe crée de la solidarité entre les personnes à la rue qui s’y rencontrent ».

L’association peut compter sur la mobilisation des bénévoles, de plus en plus nombreux. « Depuis le début de la crise sanitaire, souligne son président, nous avons constaté un formidable élan de solidarité et même nous avons dû refuser des bénévoles ».  Entre leurs actions dans la rue, ces bénévoles se retrouvent dans un second local de l’Ile de Solidarité, où ils participent entre autres à la préparation des collations et repas chauds, qui seront distribués par des triporteurs électriques. Toutes ressources qui proviennent des dons effectués par les grandes surfaces, la cuisine centrale de la ville de Lille qui alimente les cantines scolaires, des entreprises ou encore des particuliers. L’association a d’ailleurs lancé un appel à ces derniers via les réseaux sociaux de manière très pragmatique (« Nous avons besoin de denrées non périssables, comme produits tartinables pour faire les sandwichs, des boîtes de thon, des conserves, des bouteilles d’eau ou aussi des produits d’hygiène, mais en portions individuelles »).

Don à la Banque alimentaire - Caisse d'Epargne Côte d'Azur

Au-delà de ces dons en nature, L’île de Solidarité bénéficie d’aides financières de la municipalité de Lille et de fondations dont la Fondation de France. Au cours de cette année, la Fondation Caisse d’Epargne des Hauts de France a apporté sa contribution à deux occasions : au printemps, à la suite d’une initiative portée par une administratrice, membre du COS, il a été alloué 5 000 euros affectés à l’acquisition de matériels (cuisinière, réfrigérateur, installations sanitaires) ; en septembre, une somme de 1 000 euros a été accordée pour l’achat de kits sanitaires. « Cette action, souligne Juliette Reveillon, chef de projet développement coopératif et RSE à la CEHDF, s’inscrit parfaitement dans notre engagement en faveur de l’insertion et de l’accompagnement social ».

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